Maîtrise de Toulouse & Les Sacqueboutiers – Mercredi 7 décembre 2016

Mercredi 7 décembre 2016 à 20h30
Eglise Saint-Exupère

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« Queen’s Music »

Un évènement à ne pas manquer
pour fêter ensemble un double anniversaire !…

40 ans que Les Sacqueboutiers, ensemble de cuivres anciens, parcourent l’Europe et le Monde. Une ambition affirmée dès le départ : remettre à l’honneur des instruments oubliés aux sonorités si particulières et revisiter un vaste répertoire instrumental et vocal illustrant un patrimoine musical du passé devenu universel. Les rencontres, les collaborations avec d’autres musiciens, l’intérêt porté à d’autres formes d’expression artistique ont nourri leur curiosité et leur imagination, enrichi leur manière d’être et de faire. Au fil des ans leur univers s’est élargit allant « de l’âge d’or de la Renaissance à la musique d’aujourd’hui. » Leur plaisir de jouer, de transmettre, de découvrir et de partager est lui demeuré intact.

10 ans que la Maîtrise de Toulouse (www.maitrisedetoulouse.fr) se perfectionne pour s’imposer comme la « Révélation du paysage maîtrisien de ces dernières années ». Composée de jeunes de dix à quinze ans, elle a acquis en quelques années une réputation qui dépasse le cadre de notre région. Issu d’une longue tradition, l’enseignement spécialisé permet à chaque membre d’acquérir une formation solide et diversifiée dans la pratique du chant et de la musique. Répétitions, concerts en France et à l’étranger, enregistrements, rythment un parcours déjà bien rempli. Abordant un répertoire qui recouvre plusieurs époques et des styles très différents, surmontant avec aisance difficultés techniques et linguistiques, ce chœur mixte, qui se produit aussi avec orchestre ou d’autres ensembles vocaux, est également apprécié pour l’efficacité de son travail, la fraîcheur et la qualité de ses interprétations qui suscitent étonnement et admiration à chacune de ses prestations.

« Musique anglaise de la Renaissance pour l’Avent et Nöel »

Entre la fin du XVe siècle et le début du XVIIe siècle, l’Angleterre traverse une période assez complexe. Si elle s’impose comme une des grandes puissances européennes sur le plan politique, économique et maritime, l’avènement de la Réforme s’accompagne de graves troubles qui vont bouleverser en quelques années les croyances et les pratiques religieuses. Cependant la vie culturelle et artistique y est florissante et durant plus d’un siècle, la dynastie des Tudor va régner sans partage affirmant un engouement particulier pour la musique. Celle-ci, présente dans toutes manifestations privées ou publiques, rehausse l’éclat des grandes fêtes et des cérémonies officielles. Après Henry VIII, c’est Edouard VI qui accède au trône, puis Marie Tudor et Elisabeth Ière dont le règne sera le plus long et le plus glorieux. En fonction de leurs convictions religieuses chacun des souverains impose un rite particulier.

C’est sous le règne d’Henri VIII, en 1534, que s’opère la rupture avec Rome. Le Roi devient alors le « Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre ». La réforme du clergé va peu à peu instaurer le rite anglican et imposer l’anglais au détriment du latin. En 1539 la suppression des monastères oblige compositeurs et musiciens à renier leur foi ou à chercher des compromis pour échapper aux persécutions. Bénéficiant d’une certaine tolérance quelques-uns d’entre eux continuent à servir les deux liturgies. D’autres se convertissent, deviennent musicien de cour, se détournent de la musique ou choisissent l’exil provisoire ou définitif. Remanié plusieurs fois le « Book of Common Prayer » devient la référence officielle. Plus fonctionnelle, de style syllabique, la « Church music for the people », se veut ainsi plus proche des fidèles. Cathédrales, Universités, Chapelle royale entretiennent des chœurs qui jouent un rôle important dans la propagation du répertoire et des nouvelles pratiques.

Les compositeurs figurant au programme s’inscrivent dans la grande tradition polyphonique propre au XVIe siècle. Si l’usage du grégorien est encore présent, l’influence du style contrapuntique franco-flamand et celle du madrigal italien ouvrent toutefois de nouvelles perspectives qui se manifestent progressivement et se développent sous le règne perturbé des Stuart.

La période de l’Avent et de Nöel, temps liturgique bien spécifique, rend hommage à la Vierge Marie et à la naissance de Jésus. Les œuvres proposées, repons, psaumes, hymnes, cantiques…, s’inscrivent dans le déroulement des offices qui ponctuent la journée et constituent les différents « services » : matines, messes, vêpres, complies principalement. Les anthems, sorte de motets sacrés, en latin ou en anglais, composés pour 3, 4, 5 parfois 6 voix sont chantés a cappella.

Organiste et compositeur de renom, John Taverner débute comme maître de chœur au Cardinal College d’Oxford. En 1528, soupçonné d’être impliqué dans des querelles religieuses il est emprisonné, met fin à sa carrière de musicien pour se tourner vers la vie civile. Thomas Tallis, catholique, contraint de composer aussi pour l’église réformée, exerce sous les quatre monarques. Avant de devenir « gentleman » de la Chapelle royale il séjourne dans plusieurs monastères. Son apport est considérable et s’ouvre à la modernité par le biais du contrepoint imitatif. Mise en musique par Tallis et Taverner la première pièce, repons pour 4 voix est destinée aux matines. Respectueux du texte, ces deux compositeurs s’appuient sur une écriture chorale soignée, d’une grande plénitude sonore qui emprunte encore au plain-chant réservé aux versets alternant avec le chœur.

Surnommé « Father of music », William Byrd, retrouve Tallis à Londres. Tous deux exercent en tant qu’organiste et compositeur au service de la Chapelle royale. Fidèles au catholicisme ils bénéficient de la protection de la reine Elisabeth et privilégient l’usage du latin. L’originalité de Byrd est sensible dans les 4 pièces du Propre de l’Avent (messes mariales) du « Gradualia Prima » édité en 1605. Ces motets à 5 voix prennent place à divers moments de la messe. Les 3 autres motets de Byrd proviennent des recueils « Cantiones sacrae » ou « Gradualia ». En maître de la polyphonie il y fait preuve d’invention, d’audaces mélodiques et harmoniques renforçant ainsi le caractère expressif du texte.

Formé dans les chœurs du King’s College de Cambridge, Orlando Gibbons succède à Byrd en 1604 comme organiste de la Chapelle Royale avant de rejoindre l’abbaye de Westminster en 1623. Destinée surtout au rite anglican, sa musique religieuse revêt plutôt un caractère fonctionnel qui n’exclut pas une grande diversité d’expression. Le « Magnificat », cantique traditionnellement chanté aux Vêpres en est un bon exemple. La « Fantasia », forme très appréciée en Angleterre, témoigne aussi chez Gibbons de la richesse mélodique et harmonique de son langage dans le domaine de la musique instrumentale.

Peter Philips, musicien resté fidèle à ses convictions religieuses choisit l’exil. En 1582 il part pour Rome puis se rend en Espagne et en France avant de s’établir aux Pays-Bas espagnols. Il séjourne à Anvers, puis à Bruxelles au service de l’archiduc Albert. Les 3 motets à 5 voix sont extraits du premier livre des « Cantiones sacrae » destinés à la Chapelle de la cour. Philips a su avec talent engranger les influences des différents pays européens traversés.

« Bachelor of music » de l’Université d’Oxford, Thomas Weekles est également organiste. Auteur de quelques livres de madrigaux à plusieurs voix dès 1597 où l’influence italienne est évidente, sa musique religieuse reflète aussi son goût pour le madrigalisme, les tournures expressives que renforce l’emploi d’un langage harmonique recherché. Hymne de caractère jubilatoire, le « Gloria in excelsis deo » peut souvent clore une messe.

Le répertoire instrumental laisse transparaître une attirance pour les claviers (orgue et virginal notamment), le luth et les violes. Le « consort » pour différents formations (violes, flûtes, ensembles de vents divers…) est également très prisé.

La réputation d’Anthony Holborne en tant que « joueur de luth, de bandore et de cistre » est reconnue et lui doit d’être désigné en 1594 « The most famous Anthony Holborne ». Le recueil « Pavans, Galliards, Almains and other short Æirs…» publié à Londres en 1599 réunit plusieurs pièces de danses d’une belle facture et d’autres pièces portant des titres évocateurs qui font écho à l’éclosion des œuvres poétiques et picturales durant le règne prospère d’Elisabeth.

Après un exil aux Pays-Bas Mathew Locke regagne l’Angleterre sous la Restauration. « Compositeur en ordinaire et organiste de la chapelle de Sa Majesté » c’est pour la cérémonie du couronnement du roi Charles II qu’il compose en 1661 « Music for His Majesty’s Cornets and Sackbuts ». Appartenant à la génération du baroque naissant et ouvert aux influences extérieures, Locke contribue à l’évolution d’un langage musical plus libre et plus audacieux.

Au programme

Musique anglaise de la Renaissance pour l’Avent et Noël

Thomas Tallis – John Taverner – Anthony Holborne – William Byrd – Mathew Locke

Orlando Gibbons – Peter Philips – Thomas Weelkes

Interprètes

La Maîtrise de Toulouse

Mark Opstad, direction & orgue positif
50 choristes

& Les Sacqueboutiers

Jean-Pierre Canihac, direction & cornet à bouquin
Lluis Coll, cornet à bouquin
Daniel Lassalle, Jean-Noël Gamet
& Olivier Lachurie, sacqueboutes